Archives de la catégorie Tradition

De l’or noir en terre d’Islam – Thierry De Crozals

[Extrait du texte « Détournements hermétiques ; De l’or noir en terre d’Islam » publié le 23 décembre 2012 sur le site Mécanopolis]

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La science moderne, prise dans son ensemble, s’est coupée des Principes inhérents à la Manifestation et « agit », puisqu’elle ne « sait » qu’agir, sur des « cadavres » putrides, cadavres se repaissant de cadavres et tout étant lié, ceci a nécessairement un écho cosmique…

« Cette « chimie », cette science-là est satanique, oui, car elle constitue une inversion profonde du sens du Grand Oeuvre qui est, pris sous cet angle, Rédemption du monde minéral: l’Alchimie est « la Charité humaine vis-à-vis des pierres, des métaux, c’est à dire de la nature inorganique »(Habdul-Hâdî). (Et ceci rappelle le voeu bouddhiste de l’illumination en vue du rachat par la Charité de toutes les créatures, « faire la charité aux choses comme aux hommes »(Purissima Revelatio). Ajoutons que si le symbolisme minéral est important dans l’Alchimie, le symbolisme animal l’est tout autant, l’Alchimie est une Sagesse Cosmologique Totale. Ceci n’est point surprenant, ou ne peut l’être qu’aux yeux myopes des modernes, « Dieu est le Père de tout » selon Hermès Trismégiste (« en to pan », « Un dans Tout », est la devise de l’Hermétisme): « le processus de l’Oeuvre plaît beaucoup à Nature » car « l’art est imitation de la nature dans son mode d’opérer », voilà bien de quoi méditer…

Et comme l’homme prend soin de la nature aujourd’hui, comme il est charitable envers elle…Et, nous insistons, il faut bien que le lecteur prenne toute la dimension de cela.

Redonnons la parole à Titus Burckhardt qui exprime magistralement ce dont il est question ici:

« L’analyse chimique en nous enseignant que l’eau est composée de deux parts d’hydrogène et d’une part d’oxygène, ne nous apprend absolument rien sur l’essence de l’élément eau. Au contraire, ce fait, qui ne peut être connu que de manière indirecte et pour ainsi dire abstraite, voile en réalité la qualité essentielle d’ »eau ».(…) La science moderne « dissèque » les choses, en vue d’en avoir la possession et la maîtrise sur leur propre plan. Son but est avant tout technique. Le rationalisme est suspendu à la croyance que par l’analyse matérielle et quantitative, il serait possible de découvrir la vraie nature des choses. »(L’Alchimie)

Et ceci est le monde dans lequel nous vivons, dans lequel nous avons été enfermés,  et dans lequel nous nous débattons, nous courrons tel un poulet qui vient d’être décapité seulement mû par l’énergie vitale de son corps…

Que l’on se souvienne de ce que nous dit le Vishnu-Purâna des hommes de la fin du dernier âge:

« Alors la fortune conférera de la distinction, (…), le mensonge sera la seule voie employée pour réussir en affaires. La terre ne sera respectée qu’à cause des trésors minéraux qu’elle renferme (…). » Lire la suite »

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René Guénon – La guerre et la paix

[ Le Symbolisme de la Croix – Chapitre VIII ]

Ce qui vient d’être dit sur la « paix » résidant au point central nous amène, quoique ceci puisse paraître une digression, à parler quelque peu d’un autre
symbolisme, celui de la guerre, auquel nous avons déjà fait ailleurs quelques allusions (1). Ce symbolisme se rencontre notamment dans la Bhagavad-Gîtâ : la bataille dont il est question dans ce livre représente l’action, d’une façon tout à fait générale, sous une forme d’ailleurs appropriée à la nature et à la fonction des Kshatriyas à qui il est plus spécialement destiné (2). Le champ de bataille (kshêtra) est le domaine de l’action, dans lequel l’individu développe ses possibilités, et qui est figuré par le plan horizontal dans le symbolisme géométrique ; il s’agit ici de l’état humain, mais la même représentation pourrait s’appliquer à tout autre état de manifestation, pareillement soumis, sinon à l’action proprement dite, du moins au
changement et à la multiplicité. Cette conception ne se trouve pas seulement dans la doctrine hindoue, mais aussi dans la doctrine islamique, car tel est exactement le sens réel de la « guerre sainte » (jihâd) ; l’application sociale et extérieure n’est que secondaire, et ce qui le montre bien,c’est qu’elle constitue seulement la « petite guerre sainte »(El-jihâdul-açghar), tandis que la « grande guerre sainte » (El-jihâdulakbar) est d’ordre purement intérieur et spirituel (3).
On peut dire que la raison d’être essentielle de la guerre, sous quelque point de vue et dans quelque domaine qu’on l’envisage, c’est de faire cesser un désordre et de rétablir l’ordre : c’est, en d’autres termes, l’unification d’une multiplicité, par les moyens qui appartiennent au monde de la multiplicité elle-même ; c’est à ce titre, et à ce titre seul, que la guerre peut être considérée comme légitime. D’autre part, le désordre est, en un sens, inhérent à toute manifestation prise en elle-même, car la manifestation, en dehors de son principe, donc en tant que multiplicité non unifiée, n’est qu’une série indéfinie de ruptures d’équilibre. La guerre, entendue comme nous venons de le faire, et non limitée à un sens exclusivement humain, représente donc le processus cosmique de réintégration du manifesté dans l’unité principielle ; et c’est pourquoi, au point de vue de la manifestation elle-même, cette réintégration apparaît comme une destruction, ainsi qu’on le voit très nettement par certains aspects du symbolisme de Shiva dans la doctrine hindoue. Lire la suite »

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Le monde des shudras : réflexions sur la symbolique des castes appliquée au monde contemporain – par Raphaël M.

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Article publié initialement sur http://chroniques-kaliyugesques.blogspot.fr

Pour les hindous et tant d’autres, la société s’organise autour du système des castes. Celui-ci consiste en une répartition des fonctions, chacun selon ses prédispositions.

Ainsi, le Mânava-Dharmashâstra (encore appelé loi de Manu), sorte de code juridique poétique fondé sur le Véda – somme des écritures sacrées de l’hindouisme- distingue 4 types d’êtres aux aptitudes différenciées. Il y est fait mention de 4 varnas, ou «teintes», chacune symbolisant une partie du corps humain, analogie du corps social.

En premier lieu, le Brahmane, associé à la tête, est le détenteur de la connaissance métaphysique. Il a pour mission de la conserver et de la transmettre. Il est à la fois le sage et l’enseignant. Il possède l’autorité spirituelle et est le gardien de l’harmonie du monde.

Le Kshatriya quant à lui, associé au tronc et aux bras, est à la fois le guerrier, l’administrateur et le politique. Sa plus haute figure étant le Roi,il est chargé d’exercer le pouvoir temporel.

Le Vaishya se distingue quant à lui dans l’activité économique. Associé au ventre, il est l’agriculteur, l’artisan, et le commerçant.

Enfin, et cette composante est souvent traitée à tord de manière tout à fait résiduelle, le Shudra, représentant les jambes et les pieds de la société et de l’ordre divin ( les deux sont indissociables dans une vision traditionnelle, l’une étant le reflet de l’autre), n’extériorisant aucune des tendances propres aux autres varnas, est chargé de les servir tous. Lire la suite »

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René Guénon et l’Islam – Najm-Oud-Din BAMMATE [extrait]

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Les rappels de l’Unité et de la transcendance, au point de vue métaphysique, de la fraternité humaine au point de vue social, sont parmi les valeurs — pour employer un mot profane — qui sont encore vécues et témoignées dans la vie quotidienne et pourraient représenter, aujourd’hui encore, des apports essentiels de l’Islam. Mais, là est le drame, au moment même où certains en Occident, souvent inspirés par l’oeuvre de Guenon, essaient , au-delà du règne de la quantité, de retrouver un ordre traditionnel, l’Orient, lui, fasciné par la réussite, se laïcise et se profane très vite, de telle sorte que le dialogue n’est plus situé, en réalité, entre Orient et Occident, mais devient un débat intérieur pour chacun.

Guenon avait à la fois raison et tort : raison par son diagnostic, et peut-être tort car il n’avait pas prévu à quel point ses prédictions — même les plus catastrophiques — risquaient d’être dépassées ; ou peut-être a-t-il eu la pudeur de ne pas prendre un ton apocalyptique. En réalité, peu d’années seulement après sa mort, la situation est non seulement celle qu’il a décrite, mais elle est pire encore, c’est-à-dire que la possibilité de dialogue entre un Orient qui détiendrait une tradition et un Occident qui serait porté à la rechercher correspond à une vision bien optimiste des choses. Il y a un dicton musulman selon lequel « le dernier refuge, la dernière embuscade de Satan est le coeur du juste dans sa bonne conscience ». C’est la bonne conscience des technocrates qui croient que le bien-être suffit à combler l’homme, que la croissance quantitative est une réponse à tout, c’est aussi l’effort laïcisant et profanateur du moderniste oriental qui, croyant de bonne foi développer son pays, le déracine. En réalité, le fait qu’il ne s’agisse pas d’un dialogue mais que le débat soit intériorisé en chacun de nous, lui donne la profondeur d’un examen de conscience.

Il n’y a plus de justes et nous nous débattons tous dans le même naufrage. La grande difficulté pour une approche de l’Islam est peut-être la proximité de l’Occident . L’Inde, la Chine ou le Japon furent découverts par l’Europe comme étant véritablement l’autrui, l’exotique. Mais l’histoire de la Chrétienté et de l’Islam se sont trop entrecroisées. Les références théologiques sont les mêmes : Abraham, Moïse, Jésus et même Marie, plus présente à l’ Islam qu’au protestantisme. Lire la suite »

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Tourner autour de la Ka’ba – Martin Lings

Magnifique entretien avec le Pr. Martin Lings (Abu bakr siraj ad-din) au sujet du pélerinage à la Mecque qu’il a effectué en 1948.
Le contraste avec la Mecque telle qu’on la connaît de nos jours est saisissant. On se rend compte , non sans peine et affliction, des conséquences importantes du travail de destruction méthodique de la dynastie des Séouds et des wahhabites, soit une dénaturation de l’atmosphère authentique et empreinte de Tradition de ce lieu Saint où se trouve la Maison Sacrée d’Abraham.

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René Guénon : « De la démocratie »

Dissidence Française

Si l’on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c’est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans…

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René Guénon : « Du Moyen Âge à l’humanisme »

Dissidence Française

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Après la période troublée des invasions barbares, nécessaire pour achever la destruction de l’ancien état des choses, un ordre normal fut restauré pour une durée de quelques siècles ; ce fut le moyen âge, si méconnu des modernes qui sont incapables d’en comprendre l’intellectualité, et pour qui cette époque paraît certainement beaucoup plus étrangère et lointaine que l’antiquité « classique ».
Le vrai moyen âge, pour nous, s’étend du règne de Charlemagne au début du XIVe siècle ; à cette dernière date commence une nouvelle décadence qui, à travers des étapes diverses, ira en s’accentuant jusqu’à nous. C’est là qu’est le véritable point de départ de la crise moderne : c’est le commencement de la désagrégation de la « Chrétienté », à laquelle s’identifiait essentiellement la civilisation occidentale du moyen âge ; c’est, en même temps que la fin du régime féodal, assez étroitement solidaire de cette même « Chrétienté »…

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