René Guénon – L’envahissement occidental

image

[René Guénon, La crise du monde moderne, Chapitre VIII : L’envahissement occidental (extrait)].

Le désordre moderne, nous l’avons dit, a pris naissance en Occident, et, jusqu’à ces dernières années, il y était toujours demeuré strictement localisé ; mais maintenant il se produit un fait dont la gravité ne doit pas être dissimulée : c’est que ce désordre s’étend partout et semble gagner jusqu’à l’Orient. Certes, l’envahissement occidental n’est pas une chose toute récente, mais il se bornait jusqu’ici à une domination plus ou moins brutale exercée sur les autres peuples, et dont les effets étaient limités au domaine politique et économique ; en dépit de tous les efforts d’une propagande revêtant des formes multiples, l’esprit oriental était impénétrable à toutes les déviations, et les anciennes civilisations traditionnelles subsistaient intactes. Aujourd’hui, au contraire, il est des Orientaux qui se sont plus ou moins complètement « occidentalisés », qui ont abandonné leur tradition pour adopter toutes les aberrations de l’esprit moderne, et ces éléments dévoyés, grâce à l’enseignement des Universités européennes et américaines, deviennent dans leur propre pays une cause de trouble et d’agitation. Il ne convient pas, d’ailleurs, de s’en exagérer l’importance, pour le moment tout au moins : en Occident, on s’imagine volontiers que ces individualités bruyantes, mais peu nombreuses, représentent l’Orient actuel, alors que, en réalité, leur action n’est ni très étendue ni très profonde ; cette illusion s’explique aisément, car on ne connaît pas les vrais Orientaux, qui du reste ne cherchent nullement à se faire connaître, et les « modernistes », si l’on peut les appeler ainsi, sont les seuls qui se montrent au dehors, parlent, écrivent et s’agitent de toutes façons. Il n’en est pas moins vrai que ce mouvement antitraditionnel peut gagner du terrain, et il faut envisager toutes les éventualités, même les plus défavorables ; déjà, l’esprit traditionnel se replie en quelque sorte sur lui-même, les centres où il se conserve intégralement deviennent de plus en plus fermés et difficilement accessibles ; et cette généralisation du désordre correspond bien à ce qui doit se produire dans la phase finale du Kali-Yuga. Lire la suite »

Publicités

, , ,

Poster un commentaire

René Guénon et l’Islam – Najm-Oud-Din BAMMATE [extrait]

image

Les rappels de l’Unité et de la transcendance, au point de vue métaphysique, de la fraternité humaine au point de vue social, sont parmi les valeurs — pour employer un mot profane — qui sont encore vécues et témoignées dans la vie quotidienne et pourraient représenter, aujourd’hui encore, des apports essentiels de l’Islam. Mais, là est le drame, au moment même où certains en Occident, souvent inspirés par l’oeuvre de Guenon, essaient , au-delà du règne de la quantité, de retrouver un ordre traditionnel, l’Orient, lui, fasciné par la réussite, se laïcise et se profane très vite, de telle sorte que le dialogue n’est plus situé, en réalité, entre Orient et Occident, mais devient un débat intérieur pour chacun.

Guenon avait à la fois raison et tort : raison par son diagnostic, et peut-être tort car il n’avait pas prévu à quel point ses prédictions — même les plus catastrophiques — risquaient d’être dépassées ; ou peut-être a-t-il eu la pudeur de ne pas prendre un ton apocalyptique. En réalité, peu d’années seulement après sa mort, la situation est non seulement celle qu’il a décrite, mais elle est pire encore, c’est-à-dire que la possibilité de dialogue entre un Orient qui détiendrait une tradition et un Occident qui serait porté à la rechercher correspond à une vision bien optimiste des choses. Il y a un dicton musulman selon lequel « le dernier refuge, la dernière embuscade de Satan est le coeur du juste dans sa bonne conscience ». C’est la bonne conscience des technocrates qui croient que le bien-être suffit à combler l’homme, que la croissance quantitative est une réponse à tout, c’est aussi l’effort laïcisant et profanateur du moderniste oriental qui, croyant de bonne foi développer son pays, le déracine. En réalité, le fait qu’il ne s’agisse pas d’un dialogue mais que le débat soit intériorisé en chacun de nous, lui donne la profondeur d’un examen de conscience.

Il n’y a plus de justes et nous nous débattons tous dans le même naufrage. La grande difficulté pour une approche de l’Islam est peut-être la proximité de l’Occident . L’Inde, la Chine ou le Japon furent découverts par l’Europe comme étant véritablement l’autrui, l’exotique. Mais l’histoire de la Chrétienté et de l’Islam se sont trop entrecroisées. Les références théologiques sont les mêmes : Abraham, Moïse, Jésus et même Marie, plus présente à l’ Islam qu’au protestantisme. Lire la suite »

, , ,

Poster un commentaire

Habib Ali al-Jifri dénonce les salafistes/wahabites

, ,

Poster un commentaire

Julius Evola : « État traditionnel et État totalitaire »

Dissidence Française

evolaLe principe d’une autorité centrale inattaquable se « sclérose » et dégénère lorsqu’il est affirmé à travers un système qui contrôle tout, qui enrégimente tout et qui intervient partout selon la fameuse formule « Tout dans l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ». Si l’on ne précise pas en quels termes on doit concevoir cette inclusion, une formule de ce genre ne peut valoir que dans le cadre d’un étatisme de type soviétique, étant donné les prémisses matérialistes, collectivistes et mécanicistes de celui-ci : non pour un système de type traditionnel reposant sur des valeurs spirituelles, sur la reconnaissance du sens de la personnalité et sur le principe hiérarchique.

C’est pourquoi, dans la polémique politique, on a pu concevoir un commun dénominateur en parlant d’un totalitarisme de Droite et d’un totalitarisme de gauche : ce qui est une véritable absurdité. L’État traditionnel est organique, mais non totalitaire. Il est différencié et articulé…

View original post 351 mots de plus

Poster un commentaire

Manifester en Egypte est plus préférable que de rester dans la Mosquée du Prophète…

Salim Bouterfas

Derniers cru des Frères Musulmans d’Egypte : il est préférable de squatter devant la mosquée Rab’ia El Adawya pour contester l’éviction de Mohammad Morsi, que de rester à la Mosquée du Prophète Paix sur Lui.

Nous avons – depuis quelques mois – des déclarations de ce type. Même avant les élections qui ont vu « gagner » les FM en Egypte, on pouvait entendre des choses du type : « Celui qui ne vote pas pour les FM, celui-là a un soucis dans sa foi » (sic). Ou bien encore : « J’ai vu en rêve que le Prophète prier derrière moi » !

View original post 336 mots de plus

Poster un commentaire

L’exemple des repentis et des convertis – Dr. Mohammad Said Ramadân Al Bouti

Image  [Extrait du livre du Dr. Mohammad Said Ramadân Al Bouti (que Dieu ait son âme) : « Paroles Sublimes, l’exégèse des sagesses d’Ibn Ata’Allah as-Sakandarî vol. 2]

[…] Tu n’as qu’à observer la condition de cette multitude de gens qui s’empressent de revenir à Dieu, exalté soit-Il, après une longue période de dérobades et d’égarement. Demande-leur de t’informer à propos de la gêne , de la souffrance et de l’ennui qui les envahissaient en totalité tandis qu’ils se dévoyaient dans les ténèbres de l’ignorance et de te faire part de la joie, du soulagement et de l’apaisement qui se répandirent en eux après qu’ils ont connu leur Seigneur, qu’ils aient amélioré leur relation avec Lui et qu’ils aient revivifié leurs âmes et apaisé leurs cœurs et leur sentiments en les nourrissant des actes de dévotions et d’obéissance.

Et si tu veux encore un supplément d’arguments en faveur de ce que j’avance, réfléchis à la condition des Occidentaux qui, la veille, étaient égarés dans le désert de la perte de leur identité et ignorants de leur Unique Souverain, puis que Dieu a attirés à Lui les faisant sortir du désert de l’égarement à la connaissance de leur identité de serviteurs et d’esclaves de Dieu afin qu’ils sachent qu’ils n’étaient pas des orphelins ni des étrangers aux confins de l’Univers mais qu’ils étaient préservés par la protection de Dieu, Sa bienveillance à leur endroit et l’honorabilité de la relation qui les unissait à Lui.

Considère l’état de la plupart d’entre eux et tu verras qu’ils souffraient de problèmes psychiques et sociaux ou de vices, la dépendance à la drogue étant peut-être le moindre d’entre eux. Et lorsque le soleil de la guidance seigneuriale a brillé dans leurs âmes ténébreuses et solitaires, qu’ils ont goûté au plaisir de la connaissance de Dieu et qu’Il S’est manifesté à eux par le biais d’une des significations incluses dans ce verset : { Dieu est le Protecteur de ceux qui ont la foi ; Il les fait passer des ténèbres à la lumière } (Coran, 2 : 257), ils se sont rapidement libérés de leurs problèmes psychiques et sociaux et se sont guéris de leurs vices. médite leur condition lorsqu’ils se mettent à l’ombre de leur nouvelle félicité, à savoir la connaissance de Dieu et leur empressement à se rapprocher de Lui, et tu ne douteras pas qu’ils aient connu une création nouvelle et qu’un autre homme se soit développé dans leur être. Lire la suite »

, ,

Poster un commentaire

Tourner autour de la Ka’ba – Martin Lings

Magnifique entretien avec le Pr. Martin Lings (Abu bakr siraj ad-din) au sujet du pélerinage à la Mecque qu’il a effectué en 1948.
Le contraste avec la Mecque telle qu’on la connaît de nos jours est saisissant. On se rend compte , non sans peine et affliction, des conséquences importantes du travail de destruction méthodique de la dynastie des Séouds et des wahhabites, soit une dénaturation de l’atmosphère authentique et empreinte de Tradition de ce lieu Saint où se trouve la Maison Sacrée d’Abraham.

, , ,

Poster un commentaire