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René Guénon et l’Islam – Najm-Oud-Din BAMMATE [extrait]

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Les rappels de l’Unité et de la transcendance, au point de vue métaphysique, de la fraternité humaine au point de vue social, sont parmi les valeurs — pour employer un mot profane — qui sont encore vécues et témoignées dans la vie quotidienne et pourraient représenter, aujourd’hui encore, des apports essentiels de l’Islam. Mais, là est le drame, au moment même où certains en Occident, souvent inspirés par l’oeuvre de Guenon, essaient , au-delà du règne de la quantité, de retrouver un ordre traditionnel, l’Orient, lui, fasciné par la réussite, se laïcise et se profane très vite, de telle sorte que le dialogue n’est plus situé, en réalité, entre Orient et Occident, mais devient un débat intérieur pour chacun.

Guenon avait à la fois raison et tort : raison par son diagnostic, et peut-être tort car il n’avait pas prévu à quel point ses prédictions — même les plus catastrophiques — risquaient d’être dépassées ; ou peut-être a-t-il eu la pudeur de ne pas prendre un ton apocalyptique. En réalité, peu d’années seulement après sa mort, la situation est non seulement celle qu’il a décrite, mais elle est pire encore, c’est-à-dire que la possibilité de dialogue entre un Orient qui détiendrait une tradition et un Occident qui serait porté à la rechercher correspond à une vision bien optimiste des choses. Il y a un dicton musulman selon lequel « le dernier refuge, la dernière embuscade de Satan est le coeur du juste dans sa bonne conscience ». C’est la bonne conscience des technocrates qui croient que le bien-être suffit à combler l’homme, que la croissance quantitative est une réponse à tout, c’est aussi l’effort laïcisant et profanateur du moderniste oriental qui, croyant de bonne foi développer son pays, le déracine. En réalité, le fait qu’il ne s’agisse pas d’un dialogue mais que le débat soit intériorisé en chacun de nous, lui donne la profondeur d’un examen de conscience.

Il n’y a plus de justes et nous nous débattons tous dans le même naufrage. La grande difficulté pour une approche de l’Islam est peut-être la proximité de l’Occident . L’Inde, la Chine ou le Japon furent découverts par l’Europe comme étant véritablement l’autrui, l’exotique. Mais l’histoire de la Chrétienté et de l’Islam se sont trop entrecroisées. Les références théologiques sont les mêmes : Abraham, Moïse, Jésus et même Marie, plus présente à l’ Islam qu’au protestantisme. Lire la suite »

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